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Les impôts de l'immobilier 
 

Que l'on soit ermite ou citadin, propriétaire ou locataire, personne n'échappe à la " douloureuse ", entendez par ce langage châtié la terrible feuille d'imposition locale. Quels que soient vos revenus et à moins de devenir nomade, vous devrez acquitter une somme au titre du bon fonctionnement des services publics locaux. Mais qui règle quoi et à qui ? telle est la question de ce dossier... pour ne pas payer idiot !

 
Impôts généraux et impôts locaux
principes Les impôts directs locaux sont constitués d'un ensemble de quatre taxes principales (la taxe d'habitation, la taxe professionnelle, la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties) et de taxes annexes ou assimilées. Ces impôts sont perçus au profit des collectivités locales (municipalité, département, région...) et de divers établissements publics et organismes de services (enlèvement des ordures ménagères par exemple).
 
Depuis quelques années, des structures intercommunales (groupement de communes, districts, syndicats communaux) s'ajoutent à la facture. Les communes et les groupements de communes à fiscalité propre, les départements, les régions fixent directement leurs taux d'imposition sous réserve des règles suivantes. Ils peuvent soit faire varier dans une même proportion les taux des quatre taxes appliqués l'année précédente, soit faire varier librement entre eux les taux des quatre taxes. Dans ce cas, le taux de la taxe professionnelle ne peut, par rapport à l'année précédente, être augmenté dans une proportion supérieure à l'augmentation du taux de la taxe d'habitation ou, si elle est moins élevée, à celle du taux moyen de la taxe d'habitation et des taxes foncières.
 
Les bénéfices tirés de la location d'un bien immobilier sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, en annexe à l'habituelle déclaration des revenus. Toute personne ayant perçu des loyers pour des locaux loués nus doit souscrire une déclaration spécifique : la déclaration de revenus fonciers n° 2044 ou 2044 spéciale. Seuls peuvent en être dispensés les contribuables dont les recettes annuelles n'excèdent pas 30 000 F et certaines locations. Les montants à déclarer correspondent aux recettes encaissées durant l'année précédente.
 
La fiscalité à l'achat
Les frais d'acquisition. Pour les logements anciens, il faut acquitter des taxes locales qui ont récemment été baissées. La taxe communale reste à 1,20 % du prix de vente et la taxe départementale reste variable selon les départements (3,6 %). Rajoutez à cela des frais d'assiette représentant 2,5 % de la taxe. Avec le nouveau dispositif, le montant des droits de mutation donne un total d'environ 4,8 %. Pour les logements neufs, le régime n'a pas été modifié et ils restent soumis à la TVA de 20,6 %. 
 
Il faut simplement régler la taxe de publicité foncière au taux de 0,615 % sur le prix hors taxes, majorée du prélèvement pour frais d'assiette et de recouvrement de 2,5 %. On entend par logement neuf, des biens achetés pour la première fois moins de cinq ans après l'achèvement des travaux ou provenant d'un immeuble ayant subi une totale réhabilitation. Les acquisitions de terrains à bâtir réalisées par des particuliers étaient jusqu'à présent soumises à la TVA au taux de 20,6 %, inclue dans le prix de vente. Elles sont désormais exonérées de TVA, mais imposées aux nouveaux droits d'enregistrement au taux de 4,80 % augmenté du prélèvement pour frais d'assiette.
 
La fiscalité à la revente
Plus-values immobilières. Les plus-values immobilières (différence entre le prix d'achat et le prix de revente) sont taxées. En revanche, les mutations à titre gratuit (les donations ou les successions) n'entraînent pas de plus-value taxable. Le prix de revente est celui stipulé dans l'acte de vente diminué des frais de publicité ou de la commission de l'agent immobilier. Le prix d'achat figure aussi dans l'acte majoré des frais (forfait de 8 % par l'administration fiscale) et éventuellement des coûts des travaux (construction, rénovation...) et d'un coefficient d'érosion monétaire fixé chaque année par la Direction Générale des Impôts. Cas particuliers. Il existe pourtant plusieurs exceptions à cette règle. La vente de la résidence principale, par exemple, est exonérée de droits. Les cessions dont le montant n'excède pas 30 000 F le sont également. La plus-value dégagée à l'occasion d'une expropriation effectuée à la suite d'une déclaration d'utilité publique n'est pas taxable à condition que cette indemnité soit intégralement réemployée dans les six mois de son paiement dans l'achat d'un bien de même nature ou dans la construction, la reconstruction ou l'agrandissement d'un logement.
 
La vente d'un logement autre que la résidence principale. Cette plus-value est exonérée à condition qu'aucun autre logement bénéficiant d'une exonération depuis le 1er janvier 1982 n'ait été cédé, que la cession soit réalisée au moins cinq ans après l'acquisition ou l'achèvement du logement, que le cédant ou son conjoint ne soit pas propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, ou que la vente de cette résidence principale soit intervenue au moins deux ans auparavant. Ces délais de cinq ans et de deux ans ne sont cependant pas exigés lorsque la cession est motivée par un impératif d'ordre familial ou professionnel, la survenance d'une invalidité, un changement de résidence résultant d'une mutation professionnelle ou un départ à la retraite. La plus-value réalisée est exonérée si la valeur de l'ensemble du patrimoine immobilier du foyer fiscal n'excède pas 400 000 F, cette somme étant majorée de 100 000 F par enfant à charge à partir du troisième. Cette limite s'apprécie en tenant compte de la valeur réelle des biens à la date de la cession,
 
diminuée des dettes contractées pour l'acquisition ou la conservation du patrimoine qui restent à rembourser à cette date. Enfin, les titulaires de pensions de vieillesse non assujettis à l'impôt sur le revenu ou pour lesquels la cotisation est inférieure au seuil de recouvrement de l'impôt ne sont pas imposés sur les plus-values qu'ils réalisent. Après 22 années de propriété, la revente d'un logement est totalement exonérée de droit pour tous. Abattements. Les plus-values immobilières réalisées par les particuliers en 1998 bénéficient d'un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année. Après différents correctifs, la plus-value ou le total des plus-values réalisées au cours de l'année bénéficient toujours d'un abattement général de 6 000 F. La somme peut monter à 75 000 francs lors d'une expropriation ou d'une vente à l'amiable avec une collectivité territoriale. Lorsque la vente porte sur une résidence secondaire imposable, les contribuables peuvent disposer d'un abattement particulier de 20 000 F pour chacun des époux (30 000 F pour une personne seule) et de 10 000 F pour chacun des enfants quels que soient leur âge et leur situation de famille, même décédés s'ils ont au moins un descendant vivant.
 
Si la plus-value réalisée provient de la revente d'un bien dans les deux ans qui suivent son acquisition, son montant, après déduction des abattements applicables, viendra s'ajouter aux autres revenus et sera donc taxé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu. En revanche, si la cession du bien est intervenue plus de deux ans après son acquisition, le système du quotient, dont l'effet est d'atténuer la progressivité de l'impôt, est applicable : l'impôt sur le revenu est d'abord calculé sans tenir compte de la plus-value, puis il est calculé à nouveau avec le 1/5 de la plus-value. La différence correspond à l'impôt sur la plus-value mais à 1/5 seulement. Il faut donc re-multiplier par cinq. En procédant ainsi, on évite de sauter plusieurs tranches du barème et d'être taxé à un taux important. Ce crédit n'est toutefois pas gratuit. Il faudra payer un intérêt calculé au taux de l'intérêt légal (3,36 % en 1998). L'avantage de cette formule est sa souplesse puisqu'on peut y mettre fin à tout moment.
 
Les charges déductibles
La déduction forfaitaire. Les charges réglées au cours de l'année d'imposition sont à déduire, quelle que soit la période à laquelle elles se rapportent. La déduction s'applique aux frais de gestion, aux frais d'assurance (sauf la part des primes d'assurance pour loyers impayés figurant sur les contrats) et à l'amortissement du capital immobilier. La déduction forfaitaire est calculée à partir du revenu brut. Elle est de 14 % pour les logements anciens ou récents. Elle reste fixée à 6 % pour les logements neufs loués dans le cadre de l'investissement Périssol. Le taux de la déduction forfaitaire peut monter à 25 % sur une période déterminée pour les revenus fonciers des logements achetés dans le cadre de la loi Méhaignerie ou Besson. Les dépenses d'amélioration, d'entretien, de réparation et de grosses réparations. Ces dépenses concernent les travaux dans un local d'habitation qui apportent un confort supplémentaire sans pour autant modifier la structure du logement (instruction du 28 avril 1997), le maintien ou la remise en état du logement loué.
 
Elles ne doivent pas modifier l'agencement initial car tout ce qui est considéré comme une reconstruction et qui revalorise le capital engagé est exclu. Attention, pour les travaux d'entretien comme de réparation ou d'amélioration des logements, toutes les pièces justificatives, notamment les factures d'entrepreneurs, peuvent être éxigées par l'administration fiscale. D'autre part, la nouvelle TVA à 5,5 % exclut nombre de déductions fiscales pour les remplacer par un crédit d'impôts. La réduction d'impôt est égale à 20 % du montant des dépenses engagées au cours de l'année d'imposition dans la limite d'un plafond pluriannuel. Autrement dit, pour une même résidence principale, le montant des frais donnant droit à réduction d'impôt ne pourra pas excéder, pour les sommes payées entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembre 2001, le plafond de 20 000 F (personnes seules) ou de 40 000 F (couple marié). Ce plafond est augmenté des majorations pour personne et enfant à charge : 2 000 F pour le premier enfant et chacune des autres personnes à charge, 2 500 F pour le second enfant et 3 000 F à partir du troisième enfant. 
 
La réduction d'impôt pour les dépenses réalisées jusqu'au 31 décembre 1996 était égale à 25 % d'un plafond de dépenses de 15 000 F (personnes seules) et de 30 000 F (couple marié). Elle était répartie sur deux ans: la moitié du plafond autorisé la première année, le surplus l'année suivante. Les frais de gérance. Ils concernent les propriétaires qui gèrent par procuration les logements qu'ils louent et qui peuvent déduire les frais occasionnés par les administrateurs de biens, les gérants d'immeubles, les concierges et les gardiens. Les dépenses antérieures à la location. Avant même de retirer les bénéfices d'un investissement immobilier, des frais importants peuvent être engagés comme la remise en état d'un appartement. Ces frais sont déductibles mais il est préférable de joindre une note à la déclaration en indiquant l'absence de location en 1998 au motif de l'état des locaux. Par ailleurs le propriétaire doit s'engager formellement à louer le bien dès qu'il sera disponible. Les impôts locaux. La taxe foncière et les taxes annexes à cet impôt sont déductibles du revenu brut. Les intérêts d'emprunt. Lorsque un prêt a été consenti pour l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration de la propriété louée, les intérêts de ce prêt sont déductibles sans limitation de montant ou de durée. Cette déduction concerne également les frais accessoires (constitution du dossier, assurances...).
 
Les héritiers qui règlent à crédit les droits de succession sur un bien immobilier qu'ils donnent en location, peuvent déduire les intérêts réglés à ce titre.  Cas particuliers. Lorsqu'un logement fait l'objet d'une sous-location, les revenus sont imposés selon les règles des bénéfices non commerciaux (déclaration n°2035). Lorsque le locataire utilise les locaux à titre professionnel, le propriétaire peut opter pour la TVA au lieu du droit de bail mais les revenus restent imposables selon la règle des revenus fonciers. La location d'un emplacement de parking est imposée dans la catégorie des revenus fonciers. La location en meublé est imposée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Résidence principale. La réduction d'impôt concerne les travaux de grosses réparations et de ravalement que les contribuables font réaliser entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembre 2001 par des entreprises dans l'habitation principale dont ils sont propriétaires. Le logement pour lequel sont engagées les dépenses doit être achevé depuis plus de dix ans. Cependant cette condition d'ancienneté n'est pas exigée pour les travaux destinés à adapter le logement des personnes handicapées. Crédit d'impôts.
 
Le nouveau crédit d'impôt concerne certaines dépenses d'entretien réalisées entre le 1er janvier 1998 et le 31 décembre 2000 dans l'habitation principale dont le contribuable est propriétaire ou locataire, usufruitier ou même occupant à titre gratuit. Les dépenses d'entretien sont celles qui ont pour objet de maintenir un immeuble en bon état et d'en permettre un usage normal sans en modifier la structure, l'agencement ou l'équipement initiaux. Le crédit d'impôt s'applique aux travaux réalisés par une entreprise et donnant lieu à l'établissement d'une facture. Il est égal à 15 % d'un plafond de dépenses de 5 000 F (personnes seules) ou de 10 000 F (couples mariés), majoré de 500 F par personne à charge (750 F pour le second enfant et 1 000 F à partir du troisième) pour les frais engagés jusqu'au 14 octobre 1999. A compter du 15 octobre, le taux du crédit d'impôt est porté de 15 à 20 % et les plafonds sont doublés.
 
Les nouvelles limites annuelles de dépenses sont donc les suivantes : 10 000 F pour une personne célibataire, veuve ou divorcée, et 20 000 F pour un couple marié. Ces sommes sont majorées de 1 000 F pour le premier enfant et chacune des autres personnes à charge, de 1 500 F pour le second enfant et de 2 000 F par enfant à partir du troisième. Lorsque les charges se révèlent supérieures aux recettes, il se dégage un déficit foncier. Le déficit foncier de l'année 1998, pour la part qui ne résulte pas des intérêts d'emprunt, est imputable sur le revenu global à hauteur de 70 000 F ou de 100 000 F. Ce qui n'a pas été déduit est reportable sur les revenus des dix prochaines années. La loi permet l'imputation sur le revenu global du déficit foncier de l'année lorsque celui-ci résulte de dépenses déductibles des revenus fonciers autres que les intérêts d'emprunt et dans une limite annuelle de 70 000 F. La partie du déficit qui excède 70 000 F ou qui résulte d'intérêts d'emprunt est imputable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Une disposition particulière permet aux propriétaires qui donnent en location un bien immobilier dans le cadre de l'investissement Périssol d'imputer sur le revenu global le déficit foncier dégagé à hauteur de 100 000 F. Lorsque plusieurs biens immobiliers sont donnés en location et qu'un déficit est constaté sur au moins un logement faisant l'objet de la déduction au titre de l'amortissement Périssol, le plafond est de 100 000 F pour l'ensemble des déficits fonciers.
 
Exonérations
Le régime du micro-foncier. Ce régime simplifié concerne les contribuables dont les recettes brutes annuelles n'excèdent pas 60 000 francs (2 500 francs de loyer mensuel). Il suffit de porter le montant du revenu sur la déclaration, il sera appliqué un abattement forfaitaire d'un tiers pour frais (33,33 %) par période de trois ans. Ce régime est irrévocable au cours de chaque période et renouvelable par tacite reconduction. Prime au social. Un logement loué ou sous-loué à des personnes déterminées (bénéficiaires du revenu minimum d'insertion ou étudiants titulaires d'une bourse de l'enseignement supérieur, organisme à but non lucratif agréé par le préfet...) et dont le loyer doit respecter certains plafonds (en 1998, le loyer annuel par m2 ne doit pas dépasser 336 F en Ile-de-France et 279 F en province) les revenus sont exonérés d'imposition pendant les trois premières années de location ou de sous-location. L'exonération est prorogée par périodes de trois ans si les conditions exigées sont toujours remplies. Par ailleurs, la loi n'exige pas que le logement constitue l'habitation principale du locataire, mais il faut établir un contrat entre le propriétaire et le locataire. Résidences de tourisme.
 
Jusqu'au 31 décembre 2002, les résidences de tourisme situées dans certaines zones bien déterminées donnent droit à des avantages fiscaux supplémentaires à l'achat ou pour des gros travaux. La réduction d'impôt varie entre 10 et 15 % du prix de revient des logements retenu dans la limite de 250 000 francs (personnes seules) ou de 500 000 francs (couples mariés). Le propriétaire du logement doit s'engager à le louer nu pendant neuf ans au moins à l'exploitant de la résidence de tourisme. La réduction d'impôt est répartie sur quatre années. Pour la détermination des revenus fonciers, le taux de la déduction forfaitaire est de 6 % pendant les neuf premières années de location. DOM-TOM. L'avantage fiscal est accordé au propriétaire qui fait construire ou acquiert un logement neuf et qui prend l'engagement de le destiner pendant cinq ans, soit à sa propre habitation principale, soit à la location 
 
non-meublée à un locataire qui y fixera sa résidence principale. La réduction d'impôt se calcule sur la base du prix de revient de l'investissement. Cette base est répartie sur cinq ans y compris pour la souscription au capital de sociétés spécialisées. Loi Malraux. La réalisation d'une opération de restauration immobilière correspond à un investissement locatif où d'importants travaux de restauration sont prévus à l'origine. Ceux-ci doivent être exécutés dans le respect de certaines règles d'urbanisme. L'avantage fiscal consiste dans la déduction du revenu global, sans limitation de montant, d'une grande part des travaux réalisés à l'exclusion de la part résultant des intérêts d'emprunt. Les travaux doivent être effectués dans le cadre d'une opération réalisée dans un secteur sauvegardé ou dans une zone de protection du patrimoine architectural urbain. Le propriétaire doit prendre l'engagement de louer le logement nu à usage de résidence principale du locataire pendant une durée de six ans.
 
Demeures historiques classées. L'avantage pour le propriétaire est de pouvoir imputer sur son revenu global une partie des charges foncières. Celui-ci peut déduire de son revenu global les frais de réparation, d'entretien et d'amélioration, les frais de gérance et les intérêts des dettes. Les immeubles classés ou inscrits sur l'inventaire des monuments historiques, ainsi que les meubles qui en constituent le complément historique ou artistique, bénéficient d'une exonération de droits de donation ou de succession. Les héritiers, donataires ou légataires doivent avoir préalablement souscrit avec les ministères concernés une convention à durée indéterminée. La réhabilitation en zone franche urbaine. Les propriétaires de logements situés en zone franche urbaine qui engagent des travaux en vue de la réhabilitation de ces biens immobiliers peuvent déduire les charges classiques, mais également les dépenses de démolition et les travaux de reconstitution de toiture ou de murs extérieurs. Les déficits, à l'exception des intérêts d'emprunt, sont imputables sur le revenu global sans plafonnement.
 
Résidence principale
La notion de résidence principale présente une grande importance du point de vue fiscal et donne droit à un certain nombre d'avantages : l'exonération de taxation sur la plus-value à la revente, la réduction d'impôt pour travaux ou l'application des abattements sur la valeur locative pour la taxe d'habitation. Par résidence principale, il faut entendre le logement que le contribuable occupe habituellement avec sa famille. Emprunter en 1999 pour acheter ou construire sa résidence principale ne permet plus d'obtenir une réduction d'impôt. En effet, seuls en bénéficient encore les prêts contractés avant le 1er janvier 1997 pour la construction ou l'acquisition d'un logement neuf, ou avant le 1er janvier 1998 pour l'acquisition d'un logement ancien ou la réalisation de grosses réparations. Elle est égale à 25 % du montant des intérêts payés chaque année, dans une certaine limite, différente selon la situation familiale et la nature du logement (neuf ou ancien).
 
Le neuf. Pour un prêt contracté avant le 1er janvier 1997, pour un couple marié, le plafond reste fixé à 40 000 F, augmenté de 2 000 F pour le premier enfant, 2 500 F pour le second et 3 000 F à partir du troisième. Soit une réduction maximale de 11 875 F (47 F x 25 %). Pour un célibataire sans enfant à charge, dans la même situation, la réduction maximale est de 5 000 F (20 000 F x 25 %). L'ancien. Pour les prêts destinés à l'acquisition de logements anciens contractés avant le 1er janvier 1998, la réduction d'impôt reste fixée à 25 % d'un montant d'intérêts plafonné à 15 000 F (+ 2 000 F par personne à charge), quelle que soit la situation familiale. Soit une réduction maximale de 3 750 F pour un couple marié sans enfant ou un célibataire.
 
Droit de bail et taxe additionnelle
Pour l'imposition des revenus perçus depuis le 1er janvier 1998, il est institué, en remplacement du droit de bail, une nouvelle contribution sur les revenus issus de la location ou de la sous-location de biens immobiliers ainsi que de fonds de commerce, de clientèle, de droits de pêche ou de droits de chasse. De même, il est créé une contribution additionnelle à cette nouvelle contribution qui se substitue à la taxe additionnelle au droit de bail. Le champ d'application est calculé au taux de 2,50 % sur le montant du loyer, augmenté des charges imposées au locataire. Les locations dont le loyer annuel n'excède pas 12 000 F en sont dispensées. La contribution additionnelle au taux de 2,50 % est due sur les loyers des locaux situés dans des immeubles achevés depuis quinze ans au moins. Les locations qui donnent lieu au paiement de la TVA sont exonérées de ces contributions. Les loyers peuvent être soumis à la TVA, sur option du propriétaire, lorsque le local est loué nu à usage professionnel. La taxe sur les logements vacants. A compter de 1999 une taxe calculée sur la valeur locative des logements que leurs propriétaires ont maintenu volontairement vacants depuis plus de deux ans a été instituée. Cette taxe est destinée à s'appliquer dans 680 communes appartenant à des agglomérations (Paris, Lyon, Montpellier, Toulouse, Cannes, Grasse, Antibes et Nice). Lorsqu'elle est due, le montant de la taxe est calculé sur la valeur locative foncière. Le taux de la taxe est fixé à 10 % la première année, à 12,5 % la deuxième année et 15 % les années suivantes.
 
Cette taxe devra être acquittée le 15 janvier 2000 au plus tard. Seuls les propriétaires pouvant invoquer un " motif de vacance indépendant de leur volonté " échapperont à cette imposition. Les motifs recensés sont peu nombreux, citons en vrac la mise en vente (à des prix conformes à ceux du marché localement), l'impossibilité de louer (travaux à faire, insalubrité), les logements qui sont voués dans un délai proche à disparaître ou qui feront l'objet de travaux dans le cadre d'opérations d'urbanisme, de réhabilitation ou de démolition... C'est à chaque propriétaire de démontrer sa bonne foi auprès de l'administration fiscale. A noter toutefois qu'une prime à l'amélioration de l'habitat peut être octroyée en sus des aides fournies par l'ANAH. On peut louer une pièce de son habitation sans avoir à acquitter d'impôt : il doit s'agir impérativement d'une pièce de la résidence principale ne disposant pas d'un équipement sanitaire autonome, ni d'un accès individuel aux parties communes de l'immeuble.  L'Administration considère qu'un étudiant qui habite ainsi une chambre durant l'année universitaire satisfait à cette condition, alors même qu'il aurait conservé son domicile chez ses parents. Enfin, le prix de la location doit rester dans des limites " raisonnables ", si le montant de la location n'excède pas 5 000 F au titre des recettes brutes annuelles. On ajoutera que la location d'une chambre de bonne, constituant une dépendance de l'habitation principale, à des personnes aux revenus modestes, peut donner lieu à l'exonération d'impôt sur les loyers encaissés.
 

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