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Assurer son investissement
 

Au moment d'acheter un bien immobilier, un certain nombre de catastrophes peuvent survenir : perte d'emploi, problèmes à la réception d'un bien acheté sur plan, risque d'évolution défavorable des taux bancaires, etc. Les risques de voir son capital amputé sont nombreux mais les contrats d'assurances à l'utilité discutables aussi ! A vous de faire le tri dans la jungle des polices et autres contrats multirisques qui vous seront proposé. En voici quelques uns.

 
Si vous empruntez... Quelles assurances pour quelles couvertures ?
Optionnelles ou obligatoires, que vous louiez ou que vous achetiez votre résidence, les assureurs ont développé des gammes de produits assurantiels très complètes. Vous pouvez souscrire à de nombreuses couvertures qui vous permettront de faire face à différents types d'imprévus au cours de la période où vous achetez, ou vous remboursez ou bien encore vous mettez votre logement en location. Certaines sont obligatoires ; soit la loi l'y oblige, soit ce sont les banquiers qui ne vous octroient le prêt tant désiré qu'à la condition de se prémunir ainsi. D'autres enfin sont " libres " mais il vaut mieux y souscrire tant les risques couverts sont susceptibles de faire capoter l'ensemble de vos projets immobiliers et peuvent menacer votre foyer.
 
Les assurances des prêts
Ce sont les assurances que font signer les banquiers avant d'octroyer un prêt. Ce système permet de sécuriser et le débiteur et le prêteur des mauvaises surprises. Ces assurances ne sont pas toutes obligatoires mais font partie de la négociation de votre prêt. Il est évident que si vous possédez un important patrimoine qui vous permet de faire face à n'importe quel soucis d'argent, ces assurances seront moins utiles. Souscrite par près de 90 % des emprunteurs, l'assurance " décès, invalidité, incapacité de travail " n'est pas obligatoire de par la loi comme on le croit trop souvent. C'est en fait l'institution financière qui oblige à souscrire. 
 
Cette police d'assurance, comme son nom l'indique, prémunit des accidents de la vie par rapport à ses obligations débitrices : accident de voiture, accident professionnel, maladie... on ne peut plus travailler comme avant, les ressources sont amputées, c'est alors l'assureur qui prendra la relève à votre place, selon des conditions et des limites bien précises. Chaque contrat est différent : ne vous laissez pas convaincre de prendre le contrat que vous propose votre banque. Votre propre assureur peut vous fournir une police plus adaptée à vos besoins.
 
La garantie décès
Si vous décidez d'emprunter pour quinze ou vingt ans et/ou si vous êtes proche de la retraite, il se peut que votre banquier exige que vous preniez une simple assurance décès. Même principe que la précédente, elle est restreinte et ne couvre que les risques liés au décès de l'un ou l'autre des conjoints.
 
Mais attention, là aussi, plusieurs formules sont possibles. Faites-vous préciser clairement dans quelles conditions et à quel prix elles vous couvriront.
 
La garantie " perte d'emploi "
Autre assurance non obligatoire, la couverture " perte d'emploi " vous assure contre les aléas économiques de la vie. Avec le haut niveau de précarité dans le secteur privé mais aussi, de plus en plus, dans le secteur public (contractuels...), cette police d'assurance est fréquemment exigée par les banquiers et tend à se généraliser. En fait, tout dépend de votre situation professionnelle. Un CV est parfois nécessaire ! Mêmes caractéristiques pour les conditions que les autres contrats : chaque police a ses spécificités, son niveau de couverture et ses conditions de dédommagement. Choisissez celle qui vous convient le mieux et pas celle que vous impose, discrètement, votre bailleur de fonds. Les prestations offertes par l'assurance 
 
perte d'emploi sont très diverses. Les montants d'indemnisation varient de 50 à 80 % de l'échéance due ou s'adaptent aux modalités de l'allocation unique dégressive versée par l'ASSEDIC. Les limites d'indemnisation maximale, valables pour toute la durée du contrat, varient de deux ans à six ans, la durée dominante étant de trois ans. La durée d'indemnisation par période de chômage va de un à trois ans maximum. Ceci explique que pour un prêt type de 300 000 F sur 15 ans, à 7 % hors assurance, l'incidence actuarielle s'étage entre 0,18 % et 0,88 %.
 
Les prix et le fonctionnement
Le coût de l'assurance " décès, invalidité, incapacité de travail " constitue un élément d'appréciation indispensable à prendre en compte lors du calcul de votre budget <Les frais>. Il est soit exprimé en francs (pour 10.000 F empruntés), soit en % du capital restant dû ou du capital emprunté. Bref, la seule comparaison possible est de calculer l'incidence actuarielle de l'assurance sur le taux effectif global. Pour un prêt type de 300 000 F sur 15 ans, à 7 % hors assurance, l'incidence actuarielle de cette garantie est de 0,47 % pour les moins chères à 0,68 % pour les barèmes les plus élevés (source ANIL). Le pourcentage le plus fréquemment observé, incluant les garanties " décès-invalidité ", et " incapacité de travail ", se situe aux alentours de 0,55 %, représentant 3,10 F pour 10 000 F empruntés. Contrairement à l'assurance " décès " qui intervient en capital, l'assurance " perte d'emploi " substitue partiellement l'assureur à l'emprunteur pour régler au prêteur tout ou partie de la mensualité pendant une période de chômage.
 
 Cette garantie est généralement limitée dans le temps, même si votre période de chômage est plus longue. Elle est souscrite par environ 20 % des emprunteurs pour un achat immobilier. Certaines compagnies d'assurance fondent l'ensemble des deux assurances " perte d'emploi " et " décès, invalidité, incapacité de travail " en un " package " plus facile à proposer à leurs clients. Mais attention aux surcoûts.
 
A la construction les assurances obligatoires... de vos fournisseurs
Lorsque l'on fait construire ou retaper un logement, le choix de l'entrepreneur est important. Il doit être bon marché et bien faire ce qu'on lui commande. Pas facile de réunir toutes ces qualités ! Pour cela, vérifiez que les entrepreneurs, le constructeur, l'architecte, en un mot tous les participants aux travaux que vous avez mandatés aient souscrit une assurance de responsabilité professionnelle et une assurance de responsabilité décennale qui vous garantit contre les malfaçons  affectant votre construction. 
 
Vérifiez également qu'elles concernent bien votre chantier et exigez la à l'ouverture des travaux. Choisissez également de préférence un professionnel qui justifie qu'il est couvert par un assurance garantissant son activité générale et sa responsabilité en cas de malfaçons. Le principe est qu'il bénéficie de la caution d'un organisme extérieur (établissement de crédit ou d'assurance ou organisme de caution) qui garantit l'achèvement des travaux en commanditant d'autres sociétés.
 
L'assurance Dommage-Ouvrage
L'assurance dommage-ouvrage prend effet lors de l'expiration de la garantie de parfait achèvement, soit un an après la réception. Elle couvre le paiement des réparations des désordres qui relèvent de la garantie décennale du bâtiment. Vous devez donc déclarer ces désordres à votre assureur par lettre recommandée avec accusé de réception. Toutefois, elle garantit également le paiement des réparations des désordres survenus avant la réception, lorsque le contrat est résilié car l'entrepreneur n'a pas exécuté ses obligations et dans l'année qui suit la réception, lorsque l'entrepreneur n'a pas réparé les désordres relevant de la garantie décennale que vous avez signalés à la réception.  La loi de 1978 oblige les professionnels de la construction à s'assurer mais impose également aux maîtres d'ouvrage (la personne qui fait construire) de contracter une assurance dommage-ouvrage.
 
Son but est de rembourser rapidement toutes les réparations qui relèvent de la garantie décennale, à charge ensuite pour cet assureur de se retourner contre le responsable des désordres. Attention, si vous ne souscrivez pas, vous êtes passible de sanctions pénales et il vous sera impossible de la souscrire une fois la construction effectuée. Si vous achetez un logement sur plan, c'est le vendeur qui aura souscrit l'assurance dommages-ouvrage pour votre compte. Par contre, si vous faites construire une maison, votre constructeur vous proposera peut-être de souscrire pour votre compte, l'assurance dommages-ouvrage : son coût est alors souvent avantageux, mais vérifiez bien le contenu des garanties et demandez au vendeur ou au constructeur de vous remettre l'attestation d'assurance dommages-ouvrage et un exemplaire du contrat d'assurance...
 
La garantie sur deux ans
Tous les éléments d'équipement qui peuvent être enlevés ou remplacés sans détériorer le bâtiment, par exemple, les volets, la robinetterie ou les équipements ménagers, sont garantis par l'entrepreneur, le constructeur ou le vendeur pendant deux ans minimum, à compter de la réception. La durée de cette responsabilité peut aller de 2 ans (garantie de bon fonctionnement des éléments d'équipement de la maison) à 10 ans pour les éléments qui peuvent compromettre la solidité de l'ouvrage. 
 
Mais suite à des abus, le prix de cette assurance a flambé au cours de ces dernières années. Compter au minimum de 20 à 30 000 F (en fonction du prix de la maison).
 
Achat sur plan
Pendant un an, à compter de la date de la réception des travaux, le propriétaire bénéficie de la " garantie de parfait achèvement ". Il peut, pendant cette période, signaler au constructeur les anomalies et en demander la réparation gratuitement. L'entrepreneur et le constructeur sont donc tenus de réparer tous les désordres (quelles que soient leur nature et leur importance) mentionnés lors de la réception ou durant l'année qui suit.
 
Si vous avez signé un contrat de construction de maison individuelle, avec ou sans fourniture de plan, l'établissement qui a accordé sa garantie de livraison à votre constructeur est tenu, en cas de défaillance de celui-ci, de faire exécuter les travaux nécessaires à la réparation des désordres que vous avez signalés lors de la réception (ou dans les huit jours).
 
Pour faire justice...
Dès qu'un désordre survient après la réception des travaux, vous devez le signaler sans retard, par lettre recommandée avec accusé de réception à votre entrepreneur, votre constructeur ou votre vendeur.
 
Si votre interlocuteur ne le répare pas dans le délai prévu, vous devez saisir le juge du tribunal de grande instance pour en obtenir la réparation.
 
L'assurance multirisque habitation
Locataire et propriétaire sont tenus par la loi de souscrire une assurance dite " multirisque habitation " dès leur entrée dans les lieux. En fait, le mieux est de souscrire dès la livraison de votre logement si vous l'achetez car vous êtes déjà responsable des dégâts de eaux, des incendies, en un mot de tous les accidents qui sont susceptibles d'intervenir dans un appartement ou une maison...
 
Il en va de même pour les locataires pour qui leur responsabilité démarre le jour de l'ouverture du bail. On ne saurait trop, encore une fois, vous incitez à comparer les prestations et les tarifs avant de choisir votre assureur. 
 

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